';
Preloader logo

Les 10 mots de l’improvisation

Les 10 mots de l’improvisation

Les 10 mots donnés dans les titres sont tirés de l’ouvrage Manuel d’improvisation théâtrale de Christophe Tournier, j’ai ensuite complété de ma patte.

I. Accepter : Ne dis jamais NON, préfère le OUI ET …

La négation n’apporte rien, elle freine l’improvisation. On peut cependant l’utiliser dans un cas précis quand c’est le personnage qui dit NON mais que le comédien derrière le perso lui dit OUI ET.

Être que dans le OUI c’est une bonne posture mais elle est insuffisante.

La magie de l’improvisation est le OUI ET

A. Que du NON

A : Tu me passes le pain Pierre, il est à côté de toi.

B : Non t’as qu’à le faire toi-même. Lève-toi et marche… ha ha ha.

A : Super ! Bonjour l’humour alors que tu n’as que le bras à tendre… et que je suis avec mes béquilles.

B : J’ai une crampe, je n’ai pas le désir de tendre le bras pour toi ma sœur.

Dans cet exemple le personnage B, ainsi que le comédien, bloque le jeu puisqu’il n’y a aucune acceptation. L’échange entre les personnages est pauvre.

B. Que du OUI

A : Tu me passes le pain Pierre, il est à côté de toi.

B : Oui, avec plaisir Marilou. Le voici.

A : Super ! Il est vraiment bon ce pain !

B : J’ai toujours eu du plaisir à partager ces moments avec toi ma sœur.

Dans cet exemple l’échange entre les personnages est plus riches d’informations mais l’intrigue improvisée n’avance pas vraiment. C’est mieux mais pas encore suffisant.

C. Que du OUI ET

A : Tu me passes le pain Pierre, il est à côté de toi.

B : Oui, avec plaisir Marilou. Le voici !

A : Super ! Il est vraiment bon ce pain ! Tu as toujours su choisir des mets délicieux pour nos repas en tête à tête.

B : J’ai toujours eu du plaisir à partager ces moments avec toi ma sœur, ils sont si rares. Pourquoi a-t-il fallu que tu ailles habiter dans un autre pays !

Dans cet exemple l’échange entre les personnages est plus riche d’informations et l’intrigue improvisée avance. Nous savons :

–          Qu’ils sont frères et sœurs,

–          Que la sœur est partie vivre à l’étranger,

–          Qu’ils s’offrent des moments rares de partages.

D. Quand le personnage dit non mais que le comédien dit oui

A : Patricia range ta chambre !

B : Non !!!! Je ne suis pas ton esclave !

Le personnage est clairement dans la négation. Mais le comédien lui, reste dans le oui et…

A : Patricia, le directeur vient diner à la maison, il faut que nous donnions une bonne image de notre famille si tu veux avoir ta bourse.

B va alors continuer à dire non mais le comédien derrière le personnage va dire OUI ET.

B : Maman c’est votre truc ? je n’ai jamais demandé ça !

Tout en disant ces mots, B commence à ranger sa chambre et indique ainsi par son action que le comédien, lui, accepte la proposition de A.

B : Je te préviens Maman c’est moi qui décide quand ma chambre doit être rangée et je décide que ce sera maintenant !

Le personnage continue à marquer son mécontentement et négations, mais le comédien est bien dans la continuité de la proposition de son partenaire.

II. Écouter : aie l’œil à tout.

L’écoute est tant auditive, que visuelle et kinesthésique.

On doit rebondir et écouter tant avec ce que l’on voit, ce que l’on entend et ce que l’on ressent.

III. Percuter : n’anticipe pas, rebondis

Notre écoute doit être animale et instinctive. Une fois que l’on a vu, entendu ou ressenti, il nous suffit de formuler ce que cela est venu nous évoquer dans l’instant. Pas besoin de passer par la prise de conscience rationnalisée de la situation. Nous sommes tous beignés par les films et leurs structures. Pas de panique ! C’est tellement ancré en nous que nous aurons toujours une trame à suivre dans notre inconscient…

IV. Animer : privilégie le geste à la parole

Ce qui donne de la vie dans les improvisations n’est pas tant la diarrhée verbale que l’on peut avoir par moment mais tout ce qui se passe dans le non-verbal. C’est pourquoi plus nous seront dans le mime et dans l’instant présent dans nos gestuelles et plus nous donnerons d’informations à nos partenaires de jeu et au public, sans avoir recours à la parole. Nos improvisations seront dynamiques et vivantes.

V. Construire : avance, reste simple, sois précis

Ne cherchons pas à être original, on le sera parce qu’on ne cherchera pas à l’être.

Si on est dans le OUI ET, dans la précision de ses mots et de ses gestes, et que notre partenaire l’est aussi, alors l’histoire se construira facilement et simplement sans prise de tête.

VI. Jouer le jeu : accompagne les autres, joue le groupe, respecte les procédés de jeu

Le fameux OUI ET.

OUI : c’est l’accueil inconditionnel des propositions de vos partenaires. Les mettre en valeur en les prenant en considération.

VII. Préparer : mets-toi en condition

Ce sont les échauffements avant les spectacles et les premiers exercices des ateliers : mettre son esprit et son corps en condition pour être pleinement dans l’instant présent tant avec ce qui va émaner de nous, que de nos partenaires, de la salle, de la scène…

VIII. Innover : sois agile mentalement, cultive ta spontanéité

L’imagination et l’esprit sont un muscle. L’entrainement et la répétition vont nous rendre de plus en plus spontané et agile mentalement sans avoir à passer par la rationalité.

IX. S’amuser : passionne-toi, ne te censure pas.

Il faut retrouver la simplicité des jeux d’enfants dans la cour d’école. Quand ils jouent, ils jouent….

X. Oser ! : expérimente, essaye

Rien n’est grave, tout est un cadeau pour l’improvisateur. Dès lors que l’on entre dans cet état d’esprit tout peut arriver et tout sera accueilli avec joie car c’est une magnifique occasion pour jouer, rebondir et transformer ce qui aura été.

Cécile

Leave a reply